Come cani (2015)

Comme un chienEditions d’en bas, Lausanne, 2015Lepori_Comme_un_chien_couverture_web

« Il ne voulait, ne pouvait pas penser à ce mois de juillet 95. Le visage d’Alex flottait devant lui comme un orage. Comment ces yeux qu’il aimait tant pouvaient-ils lui adresser de tels reproches, le dévisager avec tant d’amertume ? Comment son souvenir avait-il pu moisir à ce point ? Ses traits déformés prenaient l’apparence d’un masque. Tous ces morts, cette hécatombe, tout ce sang. Son impuissance. »

Lecture par Mathias Glayre (Entre les lignes, Espace2, 6 juin 2015)

Thomas – un photographe de renom – doit se rendre au chevet de sa sœur malade, dans les Préalpes suisses. À mesure qu’un hiver boueux l’engloutit, les fantômes du passé prennent le dessus : ceux d’un père génial et austère, d’une vie sentimentale paradoxale et d’un ami trop tôt disparu, écrasé par la fureur du monde. Seule l’amitié d’un jeune homme surdoué, prénommé Mork, semble lui redonner le goût de vivre. Mais est-il vraiment possible d’échapper au poids des années ?

Coup de coeur d’Elisabeth Vust, Zone Critique (RSR-Espace2), 8 mai 2015

Sylvain Thévoz sur YesFM (Genève), 4 mai 2015

Entre les lignes, RTS Espace2,  3 juin.
Les liens de Thomas avec sa famille, ou ce qu’il en reste, sont distendus. Pourtant lorsque sa sœur malade lui demande de venir, il n’hésite pas et s’installe dans son village de montagne pour la veiller et aussi poursuivre l’écriture d’un essai sur la photographie. Une pause dans sa vie de nomade propice aux rêves d’où surgissent des fantômes du passé. Dans la nouvelle vie de Thomas, les disparus côtoient les vivants et le photographe s’attache peu à peu à un jeune homme à la fois surdoué et socialement inadapté. Les jours s’écoulent, l’hiver s’étire, l’alcool est l’ami des longues soirées vides. Jusqu’à l’événement tragique qui va secouer tout le village et mettre un point final à l’engourdissement de Thomas.


Par Anik Schuin
Une production de Jean-Marie Félix
Lectures: Mathias Glayre

Un roman qui paraît simultanément en deux langues, en l’occurrence en italien et en français, l’événement n’est pas courant. C’est le cas de Comme un chien – Come cani en italien –, le dernier ouvrage de Pierre Lepori, publié en français par les Editions d’En Bas. Poète (Quel que soit le nom), journaliste à la RTS et romancier, originaire de Suisse italienne, Pierre Lepori est un habitué de la chose puisque son Sexualité (2011) était paru lui aussi en plusieurs langues. Il s’est chargé lui-même de la traduction de Comme un chien, roman grave au style sombre et hanté. Thomas De Martino, photographe renommé, est le protagoniste de cette fiction qui prend l’allure d’un voyage dans les brumes du passé. Habitué à aller et venir, toujours entre deux avions, Thomas se rend au chevet de sa sœur gravement malade, quelque part dans les Préalpes suisses. Au fil des jours, tandis que ce séjour se teinte de tristesse, comme un rapprochement qui risque bien d’être le dernier tant la sœur de Thomas se porte mal (la médecine lui donne 50% de chances de survivre à une lourde opération), se réveillent les fantômes du passé. L’ombre d’une vie amoureuse tourmentée et le douloureux souvenir d’un ami prématurément disparu (il a mis fin à ses jours) s’invitent dans ce paysage tant physique que psychique. Néanmoins, l’amitié inattendue entre Thomas et un drôle de jeune homme qui aime à se faire appeler Mork – d’après le personnage de Mork & Mindy, sitcom étasunienne de science-fiction avec Robin Williams – exerce sur Thomas un effet stimulant. Mais l’heure n’est pas au printemps, un fait divers tragique vient de surcroît plomber l’atmosphère et disloquer le fragile contexte de ce voyage aux confins de la mort.
Marc-Olivier Parlatano, « Le Courrier », 13 juin 2015.

(…)  C’est la rancœur qui prédomine dans le roman de Pierre Lepori. La rancœur et la frustration. À la manière d’un Faulkner, ou d’un Steinbeck, l’ambiance est lourde de tout le tragique passé et à venir. Dans cet hiver sans fin, dans cette maison isolée, pour cet homme solitaire, pour cet homme rejeté, l’ennui s’installe aussi sûrement que le malheur – un de plus – viendra pointer son nez. Et comme dans Le Bruit et la fureur, ou dans Des souris et des hommes, c’est par le biais du dit simple d’esprit qu’arrivera ce qui arrivera. Le propos est assurément sombre, et sa logique – qui ne s’affiche pas d’elle-même – mérite réflexions, dépassant clairement le cadre de la simple dernière page. J’ai aimé cette traduction que l’auteur a faite lui-même de son italien, ce roman ramassé dans lequel tous les personnages ont droit à leur envergure. Cette vie sans véritable intérêt, sans coups d’éclat, qui devient aventure. Les descriptions dignes du photographe qu’est Thomas, ces paysages volés, décryptés dans leur instantanéité. Quand au bout du chemin existe « l’impossibilité de reprendre la route ou de redresser la barre », quand au bout de ce chemin existe l’homme qui abandonne. Le pour qui, le pour quoi, le vraisemblable, on s’en fiche. Comme dans un bon tirage, le cadre importe peu. C’est la mise en lumière qui compte, le cadrage, et le message qui découlera de cet instant figé. Un beau roman donc, à la fin un peu rapide, un peu attendue, mais qui sait offrir de bien belles images à qui sait les apprécier.
Amandine Glévarec, litterature-romande.net, julliet 2015

(…) Le personnage construit par Lepori est riche et intéressant. On aurait néanmoins voulu mieux cerner la relation à sa soeur: comment comprendre qu’après des années de silence et d’éloignement, leurs retrouvailles se passent, d’une certaine manière, aussi sereinement ? Partout dans le livre, on sent le poids des années, la pesanteur écrasante de la figure du père, la lourdeur des non-dits, des rancœurs peut-être, mais c’est au lecteur de faire le travail, de compléter les blancs laissés (volontairement?) par l’auteur. Si ce choix de la concision est bien sûr hautement respectable, le lecteur ne risque-t-il pas de rester un peu sur sa faim ? La relation entre Thomas et Mork, le « jeune homme à tout faire » du village, mériterait peut-être aussi d’être quelque peu approfondie, et surtout rendue moins évidente: difficile en effet de penser qu’un homme mélancolique, solitaire et sans doute renfermé comme Thomas noue aussi vite et aussi « naturellement » une amitié avec un personnage si « différent » et, en un sens, si excentrique. On aurait aimé que l’auteur creuse un peu plus le sujet, plonge plus profondément dans les méandres de la psychologie humaine, évalue sa complexité, sonde le plus clair comme le plus obscur dans ses personnages, complexifie, entremêle, brouille les pistes… (…) Au final, Comme un chien est un huis-clos réussi qui se lit avec un mélange de plaisir et d’une pointe de frustration. C’est, si l’on peut dire, un livre très suisse: le rythme est plutôt lent, le ton très introspectif, le regard porté sur la campagne romande est à la fois caustique et bienveillant. On y retrouve aussi la dénonciation d’un certain « soft-fascisme suisse », cette propension des petits fonctionnaires à suivre les ordres. Très suisse enfin, son édition bilingue, à la fois en italien et en français, la traduction ayant été réalisée par l’auteur lui-même.
Julien Sansonnens, 6 août 2015

Thomas, photographe quadragénaire, se rend dans les Préalpes suisses au chevet de sa sœur malade. Leur complicité ravive des souvenirs familiaux douloureux. Il sympathise avec Mork, un jeune homme du village légèrement autiste, qui se retrouvera bien malgré lui au cœur d’une affaire criminelle. Démarrant dans une atmosphère intime, le roman se transforme en polar. Bien écrit, le récit dresse quelques portraits désopilants, comme lors du Nouvel-An au gymnase: «Les dames aux tartes étaient alignées en costume traditionnel. (…) Elles proposaient des gâteaux glaireux, comme si une armée d’escargots avait passé sur les tables garnies. »
Marianne Grosjean, « La Tribune de Genève« , 28 août 2015

Come cani (auto-traduit en français sous le titre Comme un chien) est le troisième roman de Pierre Lepori (Lugano, 1968). L’auteur aux multiples facettes (prosateur, poète, traducteur, critique de théâtre et bientôt aussi metteur en scène) expérimente de nouveaux aspects du roman à travers un narrateur omniscient, en introduisant dans l’intrigue d’un noir des éléments de discours historique. Personnage principal, le photographe Thomas De Martino est obsédé par Alex, qui s’inspire du pacifiste et activiste du conflit yougoslave Alexander Langer. Les thèmes chers à Lepori ne manquent pas: réflexion sur la corporéité à travers l’art (ici, la photographie), rapports familiaux et fragilité de la psyché. Textes, avant-textes, paratextes et métatextes se fondent, dans un roman qui se lit dès la couverture signée Duane Michals.
Sara Lonati, Viceversa Littérature (site), octobre 2015

Thomas De Martino, photographe célèbre, en se rendant au chevet de sa soeur malade, part à la découverte de lui-même, de sa mémoire, de son désarroi, de toute sa vie que celle des autres fait miroiter. En rencontrant un jeune homme étrange et brusque qui vit essentiellement dans le présent, Mork, Thomas reprend provisoirement goût à la vie par la curiosité que celui-ci lui inspire. Tout un questionnement sur la photographie et, plus largement , sur le rôle de l’art dans nos vies renaît sous le regard de ce personnage principal: ses incidences sur le réel et les images que nous nous en faisons. Pierre Lepori déploie aussi dans ce roman bref au déroulement surprenant, deux chapitres, un long et un très court, l’angoissante thématique du temps et, comme dans ses autres livres, celle de la violence interindividuelle qui pousse les hommes jusqu’au crime. Que sommes-nous si nous ne sommes pas que des images folles qui se succèdent ou se bousculent jusqu’à se faire mourir, jusqu’à en mourir? Françoise Delorme, « Viceversa Littérature » (Revue), mai 2016

imageCome cani, Edizioni Effigie, Milano, 2015.

A quel luglio ‘95 non voleva pensare, ma il volto di Alex lo guardava, gli girava intorno come un temporale. Come poteva un viso tanto amato trasformarsi in un ricordo tumefatto, inglorioso, crudele. E tutti quei morti, tutto quel sangue, l’impotenza e l’orrore.”

Perché Thomas ha rimosso una parte del suo passato? Un’infanzia solitaria nel ventre di Napoli, un padre altero e geniale, una “mamma pazza”. E poi la giovinezza, spesa all’ombra dei grandi conflitti di fine Novecento, come fotografo di guerra. Tra Berlino, Barcellona e Milano, dove è diventato un artista di successo, ha costruito un tessuto di instabili affetti che non sembra più preservarlo. Quando si trova al capezzale della sorella, in una valle sperduta delle Prealpi svizzere, la vita sembra farsi sempre più minacciosa. Eppure l’incontro con un ragazzo strambo, soprannominato Mork, con un medico di campagna e con una giovane insegnante di disegno sembra aprirgli l’orizzonte di un’alleanza. Ma è davvero possibile sfuggire al peso degli anni?

Intervista di Massimo Zenari (RSI-Rete2), con Pierre Lepori e Mathilde Vischer in diretta dalle Giornate Letterrie di Soletta, 17 maggio 2015.

Il libro della settimana, Moby Dick (RSI-Rete2), in diretta da Morges (intervista di Roberto Antonini), 6 settembre 2015.

SRFDer erste Satz! Warum genau so und nicht anders?
Franz Kasperski, SRF/Televisione Svizzera

Un entusiasta che crea personaggi angosciati

di Manuela Camponovo, Giornale del Popolo, 2 agosto 2015 (JPG)

Iniziamo dal nuovo romanzo ”Come cani”: un protagonista con madre pazza, padre gelido e geniale, un fratello morto, l’amico del cuore che si è impiccato sullo sfondo della guerra dei Balcani, una sorella agonizzante, un ragazzo affetto da Sindrome di Asperger, una morte violenta prima della fine… tutto questo in un centinaio di pagine, non è un po’ troppo?

Che io abbia un temperamento melodrammatico non è un mistero; ivi compreso nella contraddizione tra la violenza concisa della scrittura e la mia personalità prolissa. Sono un ottimista sempre pronto a nuove battaglie, un entusiasta rompiscatole. Al contrario, i miei personaggi sono insabbiati in sensi di colpa, rimpianti e atti mancati. Probabilmente sono un angolo cieco della mia vita interiore, rappresentano il terrore che ci accomuna tutti: siamo fondamentalmente soli e intorno abbiamo un mondo di rovine, perché negarlo? Thomas, in Come cani, si trova al capolinea di una vita ricca ma tragica, in cui s’incrociano le sconfitte personali e quelle della storia – rappresentata dalla figura luminosa dell’amico suicida, ispirato al militante ecologista sud-tirolese Alexander Langer (1946-95). Perché questo pessimismo? Cerco di non pormi la domanda. Non ho piani prestabiliti, storie da raccontare, non credo di essere un narratore realista (nonostante il melodramma); mi accontento di studiare l’intimità di uomini e donne fuori norma, lacerati, a volte ridicoli; li accompagno sulla pagina, con una grande attenzione alle atmosfere e ai corpi, perché non risultino semplici ombre. Quest’ultimo romanzo deve molto ad alcune letture: Yôko Ogawa, Marie NDiaye e l’ombra lunga di Kafka da cui è tratto il titolo. Il resto lo fanno loro, i personaggi.

Anche per questo romanzo è stata pubblicata una doppia versione: in italiano e francese; qual è la lingua di scrittura e quale quella di (auto)traduzione?

La prima versione è in italiano, la lingua più spontanea, anche se sto perdendola come una pelle di serpente. L’autotraduzione è faticosa, ma corrisponde a una ricerca sulle radici, sui legami, in senso totalmente anti-essenzialista (vale a dire che cerco d’inventare modelli identitari fluidi). Questa pratica bilingue è comunque dovuta alle circostanze: la vita a Losanna, il compagnonnage con l’editore Jean Richard, l’amicizia col filosofo Arno Renken: di qui nasce la volontà di restare a cavallo tra due idiomi, di lavorare sulle incertezze identitarie, le zone a margine, i balbettamenti. Nel Crepuscolo degli idoli, Nietzsche dice «temo che non la faremo mai finita con Dio, se continuiamo a credere nella grammatica»… non parla del Dio cristiano, ma dell’illusione dell’Origine monolitica, della Legge. Credo che lo scrittore abbia il dovere di mettere sottosopra il linguaggio e la vita. Si tratta di un gesto letterario e politico: il dubbio sulla dicibilità del reale, la coscienza della costruzione culturale del nostro sguardo, ci consentono di liberarci dai vecchi modelli, dagli obblighi che rendono doloroso il cammino dell’uomo. Che intralciano la libertà di amare.

Centrali sono i rimandi fotografici: una fotografia in copertina (di Duane Michals), il protagonista fotografo; ci sono diverse citazione al riguardo; che rapporto hai con la fotografia e questo interesse quanto influenza la tua scrittura narrativa?

C’è sempre un elemento colto e visivo, in questi romanzi. Il cinema in Grisù, la danza e il teatro in Sessualità; progatonista di Come cani è un fotografo e in un romanzo futuro (Le città viste dell’alto) sarà una musicista. È un procedimento un po’ snob, ma non posso fingere di non essere quel che sono: un intellettuale che brucia di vera passione per l’arte e la cultura. Sulla “Tribune de Genève”, Lionel Chiuch ha scritto a buon titolo: «I personaggi sono impastati di cultura, che non è mai però un rimedio, quanto piuttosto un prolungamento dei loro dubbi e delle loro lacerazioni».

Mi puoi anticipare qualcosa degli altri libri in preparazione?

Il primo, Silk, è un falso-racconto per bambini, scritto in un francese scombiccherato, con le illustrazioni del collettivo Indigène (Andréanne Oberson e Jean-Marie Reynier), uscirà a Ginevra per le edizioni Notari. Ho poi finito un nuovo romanzo (Effetto notte) e un libro di poesia, che uscirà in edizione bilingue in collaborazione con Mathilde Vischer. Difficile parlarne con più chiarezza, è un cantiere caotico in cui i testi nascono come funghi velenosi. Non pianifico la scrittura, lascio maturare le cose; e le pubblicazioni si fanno, il più delle volte, grazie a incontri, passioni comuni, dialoghi. Per Come cani è stato determinante il rapporto con Anna Ruchat, scrittrice eccezionale che ha curato l’editing, e con l’editore-fotografo Giovanni Giovannetti. Devo ammettere di avere fortuna.

Dopo anni di critica e saggistica teatrale, hai deciso di fare il grande passo e di porti dall’altra parte del palcoscenico: hai fondato una compagnia teatrale e da settembre seguirai una scuola di regia. Tra l’altro il tuo primo spettacolo (a fine marzo) sarà l’adattamento del tuo primo romanzo (”Grisù”). Perché questo cambiamento di rotta?

Adoro il giornalismo, il mestiere di critico teatrale in particolare. Sono stato corrispondente per diciotto anni a Rete2 e ho fondato e diretto due riviste. Però col tempo mi sono accorto che – nonostante fosse così strabordante – l’attività creativa restava relegata in un angolo; fare teatro, che è pur sempre la mia passione profonda, è un modo per rimettere al centro le cose che contano, per darsi tempo. Ho una grande fortuna: a Losanna esiste una scuola universitaria prestigiosa (la Manufacture) che offre un master di regia su tre semestri. Penso che mi darà nuovi strumenti e idee, e mi permetterà incontri importanti. La compagnia di teatro (www.tt3.ch) è nata, come al solito, perché sono impaziente, non mi andava di aspettare e ho trovato collaboratori entusiasti per cominciare. Mi ci butto con una certa incoscienza, ma anche per non addormentarmi sugli “allori” di quel che so già fare.

Il festival Babel secondo Pierre Lepori, « Cooperazione », 14 settembre 2015

RSI_Rete_Due_2013_svgIl segnalibro
RSI – RETE2

Martedì 06 ottobre 2015 alle 7.45
Il nuovo romanzo dello scrittore svizzero Pierre Lepori, è un libro delicato, che ci racconta una storia semplice, scritta con cura e attenzione. Il volume, recentemente pubblicato dalla casa editrice Effigie, nella collana «stellefilanti», è stato commentato per noi da Daniele Bernardi.

(…) Quest’ultimo romanzo (che, non a caso, è incentrato sulla figura di un fotografo, cioè su chi lavora come il poeta sulla purezza dell’immagine), non è uno di quei libri la cui corsa folle imbriglia il lettore trascinandolo verso risvolti ignoti. La peculiarità di Lepori è un’altra. Come per alcuni autori scandinavi (penso, ad esempio, al recente caso di Stephan Enter e al suo romanzo La presa) qui è una certa consistenza della voce a catturare il lettore e ad avvolgerlo in una specie di nebbia. (…)
Daniele Bernardi, Azione, 14 settemb re 2015         

Lepori ci consegna col suo ultimo lavoro un romanzo dai toni cupi, ma non privo di lampi onirici e poetici. (…) Forse troppa la carne al fuoco per un libricino di 100 pagine, in cui i personaggi hanno la loro importanza? Forse, ma malgrado la sua concisione, il libro invoglia alla lettura, grazie a una scrittura ritmata, di volta in volta narrativa, riflessiva, descrittiva e intima. Un bel romanzo che trascina il lettore nella spirale dei pensieri del protagonista, consegnandoci nel contempo splendide descrizioni di paesaggi, “come un prolungamento segreto tra sguardo e macchina”.
Sandro Monti, Corriere del Ticino, 21 settembre 2015

(…) Attraverso il ricordo-ossessione di Alex, ispirato alla figura dell’altoatesino Alexander Langer, pacifista nei Balcani, per la prima volta la scrittura dell’autore si àncora alla dimensione storica. Come in una metamorfosi kafkiana, Thomas, descritto costantemente per negazioni, diventa egli stesso un cadavere vivente in preda ai fantasmi del passato inefficacemente rimossi. In tale condizione è chiamato nel mezzo delle ovattate e chiuse valli svizzere ad accompagnare gli ultimi giorni della sorella gravemente malata. Con lei, con il giovane Mork e con gli altri personaggi del piccolo villaggio che man mano emergono dalla nebbia, Lepori non tralascia i topoi prediletti delle sue prose e poesie: i legami familiari e i fragili equilibri della psiche, smantellando il concetto di normalità. Questi temi sono per la prima volta trattati con il distacco e il controllo di una narrazione in terza persona, più consona alla riflessione centrifuga del romanzo insito nella storia, un poco meno a trivellare l’io senza sosta, così come lo scrittore ci aveva ben abituato. (…)
Sara Lonati, Viceversaletteratura, ottobre 2015

(…) Nei giorni trascorsi con Caterina si sente avvolto in una pace nuova, un tepore, “un tacito consenso che ognuno ha la sua vita, e che il carico della famiglia non deve essere un tormento”. Le immagini di ieri si accavallano a quelle di oggi, e ripercorre inevitabilmente la sua vita. È sopraffatto dai ricordi dell’infanzia e della gioventù, Caterina a Londra, e lui, piccolo, con il fratello Giorgio a Napoli. Il padre, freddo e rigoroso, insegnante al Conservatorio e la madre, con la sua follia, in manicomio. Il trasloco da una città all’altra dell’Europa, dall’asciutto francese al dialetto dei quartieri spagnoli. Giorgio e Alex, l’indimenticabile amico del cuore, travolti dallo stesso tragico destino, la barbarie della guerra, la pulizia etnica e Alice, la donna della sua vita che è felice con un altro uomo, il diabete che ha consumato Caterina e lui che, dopo molti lutti, riesce a camminare “accanto alla morte senza abbassare gli occhi”. Come un uomo giunto al capolinea della sua esistenza, il nostro protagonista vuole lasciare una traccia indimenticabile nell’affetto altrui. Sono tanti i sensi di colpa, gli amori, le sconfitte e i rimpianti che racconta in un avvicendarsi di immagini e pathos in quei pochi giorni che mancano al termine dell’anno. Una storia bella e riflessiva, intima e tragica. Un libro poetico e molto commovente.
Teresa D’Aniello, SoloLibriNet, 10 dicembre 2015

(…) A prima vista, Come cani potrebbe sembrare un libro senza tempo, come i due precedenti romanzi di Lepori, ma non è così: la Storia questa volta è ben presente, e – si scoprirà – pesa sul protagonista come un macigno. Proprio la presenza della Storia, con l’ingombrante ombra della guerra dei Balcani e del massacro di Srebrenica, è forse la novità maggiore, in un libro tutto costruito sulla forza della fotografia, lavoro e credo del protagonista Thomas: «fotografare è pur sempre un modo di proteggersi», dice a un certo punto, «di sapere che gli istanti non sono il nulla, anche se corrono verso il nulla» (p. 10). La fotografia accompagna d’altra parte tutto il romanzo, che porta in copertina uno scatto del 1968 di Duane Michals. Ne ritma addirittura gli snodi narrativi principali. Se all’inizio infatti Thomas, appena atterrato in Svizzera, decide di lasciare la sua macchina fotografica in un armadietto della stazione di Ginevra, come a significare che sta prendendosi una pausa dal lavoro e che d’ora in avanti le immagini le descriverà a parole, la fotografia ritorna prepotentemente nella sua vita alla fine della prima parte, quando Mork regala al suo nuovo amico un piccolo apparecchio trovato per casa; e soprattutto ritorna alla fine, incarnandosi nel gesto liberatorio con il quale Thomas lascia cadere nel lago un rullino che – il lettore saprà perché – non ha alcuna voglia di sviluppare. È probabile che questo gesto equivalga al cosciente addio del protagonista alla fotografia, l’arte di cui ha vissuto e con cui ha creduto per anni di poter contribuire a redimere il mondo, soprattutto da giovane, quando svolgeva l’attività di reporter di guerra e quando, fermo nel suo pacifismo senza cedimenti, ancora credeva che «ogni volto salvato dall’oblio fosse una definitiva sconfitta della barbarie» (p. 94). La Storia ha dimostrato che non è così, erodendo le certezze di Thomas e dell’amico Alex, personaggio in realtà assente dal libro e ispirato dalla figura del pacifista sud-tirolese Alexander Langer (1946-1995), morto suicida proprio negli anni della guerra dei Balcani. Sotto questo aspetto, mescolando la finzione romanzesca alla Storia, il libro pone un grande interrogativo sul reale potere salvifico dell’arte in generale. Un interrogativo che ci concerne tutti, destinato a visitarci ancora dopo la lettura del libro.
Matteo Ferrari, La Balena Bianca, 27 novembre 2015

(…) Anche lo stile di Lepori è naturalmente fotografico: l’autore sa, come il suo protagonista, evidenziare il dettaglio giusto, rivelatore, sfocando ciò che sta attorno, sa inquadrare il paesaggio con esattezza di taglio, sa soprattutto dosare le ombre, spandendone in abbondanza. A un certo punto, con l’esaurirsi di quest’effetto rassicurante della fotografia (dell’arte) che si è mantenuta in tutta la prima parte del romanzo, si precipita nella seconda parte, assai più breve e anche, intuiamo, più importante per l’autore. Qui accade tutto quello a cui nella prima parte si è alluso, qui i ricordi più dolorosi prendono forma. Ci scappa anche il morto, e per qualche pagina la storia, come suol dirsi, si tinge di giallo: una giovane viene trovata uccisa, e viene sospettato Mork, che soffre, incompreso, della sindrome di Asperger. Soprattutto, questa è la parte in cui emerge dal passato sempre più vivido il ricordo del suicidio di Alex, figura ispirata al pacifista sudtirolese Alexander Langer. Qui la sofferenza di Thomas trova un accomodamento in una morte cercata, alla quale sopravvivrà il saggio sulla fotografia su cui Thomas ha lavorato nel corso di tutto il romanzo. La parte più importante, si diceva, è questa; ma noi le preferiamo la prima, per quel senso di mistero che la pervade e il pudore con cui i personaggi manifestano i loro sentimenti e tacciono i loro segreti, restando in attesa.
Claudio Morandini, “Fuoriasse”, 6, marzo 2016